Face à une réduction de la taille du gâteau, il est crucial de garantir que notre part reste plus importante que la normale. La directrice marketing du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux a souligné ce point lors de l’assemblée générale en évoquant les défis actuels du marché de l’alcool. La crise profonde dans le secteur se caractérise par une surproduction par rapport à une demande en déclin, des volumes de récolte et des ventes en baisse. La grande distribution, représentant 45 % des ventes, connaît un recul significatif dans un contexte inflationniste. Les exportations chutent également, notamment en Chine qui est le principal marché en valeur. Même les grands crus voient leurs prix diminuer et le marché des primeurs démarre lentement.
Combattre la surconsommation
La promotion du vin de Bordeaux reste une priorité, avec un budget marketing maintenu malgré des années précédentes plus généreuses. Une nouvelle campagne publicitaire appelée “Bordeaux Crew” a été lancée pour défendre le marché international. Le volume de production subit des ajustements, avec déjà 420 exploitations ayant déclaré leur arrachage pour environ 8 000 hectares et une seconde vague ouverte jusqu’en mars 2025, cette fois financée par l’État pour la renaturation des terres agricoles.
Révision de la loi Egalim
Une nouvelle offensive politique se dessine dans le secteur viticole, avec la présentation d’un plan stratégique national visant à mieux comprendre le marché du vin. Les objectifs incluent une meilleure connaissance de la consommation hors domicile, des financements accrus pour l’innovation et un soutien aux exportations. De plus, la question de la rémunération des viticulteurs est au cœur des préoccupations, avec un appel à rendre les prix non négociables et à sécuriser les contrats entre acheteurs et distributeurs.
Une réunion récente a permis d’identifier des solutions pour le recrutement de saisonniers dans le secteur viticole, soulignant l’importance de créer un “contrat de filière” pour défendre les intérêts des acteurs concernés. Les attentes sont élevées quant à la prochaine révision de la loi Egalim, avec quatre revendications claires du CIVB en vue d’améliorer les conditions pour les viticulteurs. Les discussions futures avec le ministère de l’Agriculture s’annoncent cruciales pour l’évolution du secteur vitivinicole en France.
Journaliste expert en entreprise et en économie. Diplômé de l’ESSEC, Il décrypte avec clarté et pédagogie les grands enjeux économiques nationaux et internationaux, ainsi que les stratégies des acteurs du monde des affaires.