Depuis 2020, le marché du vrac et du réemploi des contenants a connu des difficultés mais devrait se développer à nouveau d’ici 2030. Mayam (ex Vracoop), pionnier dans le domaine, vient de lever 450 000 euros pour déployer son logiciel dédié au vrac dans 500 supermarchés en deux ans, visant à multiplier par douze son chiffre d’affaires.
Selon une étude, la majorité des foyers français souhaiteraient avoir plus de produits disponibles en vrac sans emballage à usage unique. Cette tendance est particulièrement forte pour les produits d’épicerie, d’entretien et d’hygiène beauté. Cependant, bien que la consommation de vrac ait atteint un chiffre d’affaires de 850 millions d’euros en 2022 avec deux millions d’acheteurs réguliers en France, ce montant a chuté de -23% sur un an pour revenir au niveau de 2018. La pandémie a fortement impacté ce marché, avec seulement 32% des ménages achetant du vrac en 2022 contre 40% avant la crise sanitaire.
Malgré ces difficultés, Mayam (ex Vracoop) demeure confiant quant à l’évolution positive du marché du vrac suite à l’élargissement de l’offre disponible. L’entreprise affirme que la consommation redémarre et constate une amélioration auprès des enseignes bio et vrac partenaires.
Le QR code, allié du vrac ?
Mayam est une entreprise pionnière dans le secteur du vrac et du réemploi des contenants. Elle utilise des QR codes pour fournir aux clients toutes les informations sur les produits vendus en vrac, comme leur origine, leurs qualités nutritionnelles, la date limite de consommation, etc. De plus, l’entreprise émet un deuxième QR code à apposer sur le contenant réutilisable du client pour faciliter la pesée et lui donner accès à toutes les informations sur le produit.
Avec son offre en Saas (logiciel sur abonnement), Mayam est rentable depuis son premier exercice avec 500 000 euros de chiffre d’affaires en 2023. Malgré ses cinq salariés seulement, l’entreprise a décidé d’accélérer son développement pour accompagner la tendance croissante du mode de consommation en vrac. En effet, la loi “Climat et résilience” impose aux commerces de détail de consacrer au moins 20% de leur surface à la vente de produits en vrac d’ici 2030. Cette évolution légale représente une opportunité majeure pour Mayam.
Transformation de 500 magasins en deux ans
Le dirigeant, âgé de 37 ans, a réussi à réunir près de 450 000 euros auprès de divers investisseurs tels que Barakinvest, la Région Nouvelle-Aquitaine, Nouvelle-Aquitaine Amorçage, BNP, France Active et Crédit Agricole. La startup Mayam est déjà présente dans 15 supermarchés et vise à brancher 500 magasins dans toute la France d’ici deux ans. Cela pourrait multiplier son chiffre d’affaires par douze pour atteindre six millions d’euros fin 2025. Le passage à la vente en vrac oblige les distributeurs à revoir leurs pratiques pour accompagner le déploiement du logiciel de l’entreprise.
Amplifier l’assortiment
Le vrac est en train de prendre de plus en plus d’importance dans les supermarchés. Il concerne non seulement l’alimentation, mais aussi les produits d’hygiène et d’entretien. En réduisant l’utilisation d’emballages à usage unique, le vrac permet des économies pour les consommateurs et a un impact écologique positif. Plusieurs entreprises se positionnent sur ce marché en pleine croissance, avec des solutions variées pour proposer des produits en vrac aux clients. Le mouvement “En avant vrac” rassemble une cinquantaine d’acteurs qui cherchent à développer des normes communes au niveau national.
Le vrac pourrait bien représenter l’avenir de la cosmétique également. La tendance vers le zéro déchet et une consommation plus responsable pousse les entreprises à repenser leurs emballages et à proposer davantage de produits en vrac. Cette approche s’inscrit dans une démarche écologique tout en offrant des prix plus attractifs pour les consommateurs.
En somme, le développement du vrac dans les supermarchés ainsi que son expansion vers la cosmétique témoignent d’une évolution profonde dans nos modes de consommation, mettant l’accent sur la durabilité, la réduction des déchets et un meilleur pouvoir d’achat pour les clients.
Journaliste expert en entreprise et en économie. Diplômé de l’ESSEC, Il décrypte avec clarté et pédagogie les grands enjeux économiques nationaux et internationaux, ainsi que les stratégies des acteurs du monde des affaires.