La compagnie aérienne Lufthansa a revu à la baisse ses prévisions de bénéfices pour l’année 2024 en raison d’effets imprévisibles au Moyen-Orient. Après un premier trimestre en perte, l’entreprise allemande table désormais sur un bénéfice opérationnel d’environ 2,2 milliards d’euros, contre 2,68 milliards dégagés en 2023. Cette situation est due à l’escalade du conflit au Moyen-Orient et aux incertitudes géopolitiques. En réaction, le cours de Lufthansa a chuté en bourse. La compagnie avait déjà suspendu ses dessertes vers Téhéran et le survol de l’Iran suite à une attaque iranienne contre Israël. Ces événements rappellent la réactivité de la compagnie face à la crise du Covid en 2020.
Lufthansa se trouve confrontée à des défis imprévus au Moyen-Orient qui ont eu un impact significatif sur ses perspectives financières pour les années à venir. Les incertitudes géopolitiques actuelles représentent des risques importants pour son activité.
Perturbations lors du premier trimestre 2024 dû à des mouvements de grève
Au premier trimestre de cette année, Lufthansa a enregistré une perte plus élevée que prévu en raison des grèves menées par les salariés. Ces mouvements ont fait chuter le résultat d’environ 350 millions d’euros. Pour le deuxième trimestre 2024, la compagnie s’attend à un bénéfice d’exploitation inférieur de 100 millions d’euros par rapport à l’année précédente, en raison notamment des conflits salariaux résolus et d’une faible demande à court terme. Malgré cela, les réservations pour les mois de vacances d’été sont conformes aux attentes initiales, ce qui conforte les perspectives du groupe pour le second semestre.
Les défis post-pandémie pour se remettre sur pied
La compagnie allemande Lufthansa a du mal à retrouver son niveau de capacité après la crise sanitaire. En 2022, elle n’avait retrouvé que 72% de ses capacités d’avant la crise, alors qu’elle visait une moyenne de 94% pour 2024. Par comparaison avec les compagnies nord-américaines et européennes, Lufthansa accuse un retard important dans sa reprise. Même si le directeur général vante la diversité et l’étendue du réseau de la compagnie, les chiffres ne sont pas favorables pour le groupe allemand.
Les compagnies dont Lufthansa est propriétaire comme Austrian Airlines, Swiss, Brussels Airlines et Eurowings ont dépassé le seuil des 84% tandis que le groupe lui-même peine à atteindre ce niveau.
En revanche, Air France-KLM a redémarré plus vite que Lufthansa et devrait tutoyer son niveau d’avant crise cette année. Selon les données du groupe allemand, ce retard se fera sentir sur tous les marchés sauf en Afrique où il devrait faire mieux qu’avant la crise en 2024.
L’objectif pour Lufthansa est donc de rattraper son retard sur des marchés ultra-stratégiques comme l’Atlantique Nord et l’Asie-Pacifique ainsi que l’Amérique du Sud.
Bons résultats financiers malgré tout
Malgré les difficultés, Lufthansa maintient le cap financier avec un résultat opérationnel ajusté de 2,7 milliards d’euros et une marge de 7,6 % en 2023. La compagnie aérienne bénéficie d’une demande dynamique et d’une gestion efficace des prix. Son revenu unitaire est nettement supérieur à celui de ses concurrents, lui rapportant environ 1,5 euro de plus par siège que Air France-KLM ou IAG. De plus, Lufthansa fait preuve d’une discipline rigoureuse pour limiter la hausse des coûts. Le groupe devance largement son concurrent français mais subit la concurrence d’IAG qui a pleinement profité de la croissance de son offre.
Lufthansa arrête les vols vers l’Iran et Israël
La compagnie aérienne Lufthansa et sa filiale Austrian Airlines ont suspendu leurs vols à destination et en provenance de Téhéran, ainsi que les trajets empruntant l’espace aérien iranien, jusqu’au 18 avril. Cette décision fait suite aux menaces de frappes de l’Iran contre Israël. Suite à ces événements, la compagnie a également annoncé la suspension temporaire de ses vols vers Tel Aviv, Erbil en Irak et Amman en Jordanie. Lufthansa affirme surveiller constamment la situation au Moyen-Orient.
Journaliste expert en entreprise et en économie. Diplômé de l’ESSEC, Il décrypte avec clarté et pédagogie les grands enjeux économiques nationaux et internationaux, ainsi que les stratégies des acteurs du monde des affaires.