Dans le cadre du projet de médiation scientifique “Que sait-on du travail ?”, les économistes Séverine Lemière et Rachel Silvera mettent en évidence l’écart salarial entre les métiers occupés majoritairement par des hommes ou des femmes. Elles ont comparé, par exemple, le salaire d’une sage-femme à celui d’un ingénieur hospitalier pour démontrer cette inégalité de traitement. Le principe “travail égal, salaire égal” inscrit dans le code du travail se mesure à partir des connaissances professionnelles, de l’expérience acquise et des responsabilités liées au poste. Selon leur étude auprès de 7000 personnes dans le secteur “du soin et du lien aux autres”, la reconnaissance financière varie selon que les métiers sont occupés majoritairement par des hommes ou par des femmes.
Deux niveaux possibles, au lieu de quatre
Les métiers de sage-femme et d’ingénieur hospitalier sont tous deux des professions de catégorie A dans la fonction publique, avec un niveau bac +5. Les sages-femmes ont un rôle technique et organisationnel, suivant plusieurs accouchements en même temps tout en encadrant un service. D’autre part, les ingénieurs hospitaliers dirigent, coordonnent et contrôlent les activités techniques des services hospitaliers.
La rémunération des ingénieurs hospitaliers est plus élevée que celle des sages-femmes, avec une évolution de carrière pouvant aller jusqu’à quatre grades pour les ingénieurs contre seulement deux pour les sages-femmes. Cela montre une différence significative qui favorise les ingénieurs sur le plan financier et professionnel.
En fin de compte, il apparaît que malgré la complexité et la responsabilité similaire entre ces deux métiers, la rémunération et l’évolution de carrière divergent clairement en faveur des ingénieurs hospitaliers.
Journaliste expert en entreprise et en économie. Diplômé de l’ESSEC, Il décrypte avec clarté et pédagogie les grands enjeux économiques nationaux et internationaux, ainsi que les stratégies des acteurs du monde des affaires.